Hydrologie des bassins de montagne et contribution à la recharge de la nappe

Au-delà du suivi de la composante neige, il s’agit d’améliorer la connaissance des flux de surface et souterrains entre la montagne et la plaine pour pouvoir modéliser la recharge de la nappe, et prévoir son évolution future sous l’effet des changements climatiques (Marchane et al. 2017).

La recharge souterraine de la nappe du Haouz par les eaux en provenance de l’Atlas a toujours été un terme très mal connu (estimation entre 0 et 400 Mm3 par an selon les études hydrogéologiques réalisées depuis les années 1970 !). Améliorer la connaissance de ce terme et sa modélisation est un enjeu majeur pour l’amélioration du modèle de la nappe du Haouz et de ses conditions aux limites.

Cette recharge peut résulter de différents processus :

  1. l’eau infiltrée en montagne peut recharger directement la nappe de plaine par des écoulements profonds à condition que le substrat soit suffisamment perméable
  2. l’eau peut également sortir du bassin amont par écoulements de sub-surface dans les sédiments de l’oued (phénomène d’inféroflux que l’on peut estimer via le bilan hydrique de la partie amont)
  3.  une fraction du débit de surface des oueds sortant de la partie amont s’infiltre vers la nappe dans la zone de piémont, dès sa sortie de la zone de montagne.

Un moyen d’estimer la contribution de la partie amont à la recharge (processus 1 et 2) est de calculer le bilan hydrique des bassins atlasiques : les précipitations en entrée ressortent du bassin sous forme d’ET, de débit de surface (observé) ou de recharge. Ce bilan souffre d’une forte compensation possible entre évapotranspiration et écoulement souterrain (Simonneaux, 2008). Un enjeu important est donc de parvenir à estimer évapotranspiration de ces zones montagneuses qui sont occupées à plus de 90% par des parcours sur les versants, et par quelques cultures irriguées dans le fond des vallées.

Un autre moyen d’étudier les chemins de l’eau et notamment les processus de recharge des nappes est le traçage géochimique et isotopique. Ces techniques ont déjà été utilisées pour montrer comment sont alimentés les aquifères des plaines adjacentes de l’Atlas (Bouchaou, et al., 1995 ; 2008 ; 2009). Dans le Tensift, ces techniques ont déjà permis de fournir des informations sur les altitudes de recharge (Abourida, 2004 ; Raibi, 2006).

 

Hydrologie nivale   < Préc.  | Suiv. >   Hydrologie de la zone de piémont